La revue de presse - Extraits des chroniques du CD


Bien décidé à faire évoluer non seulement son style mais aussi le blues au sens large du terme, Roland Tchakounté se lance dans un ouvrage ambitieux et conquérant qu'il nomme très justement " AbaNgo", un titre que l'on pourrait traduire par "En avant" ou encore "A l'attaque"… On est bien tenté de faire des rapprochements avec les grands artistes Africains, les Youssou'N Dour, Amar Sundy, Corey Harris ou Boubakar Traoré mais, à bien y réfléchir, la musique du Parisien s'en éloigne quelque peu par une utilisation permanente du contre-pied et par un jeu très occidental dans l'esprit même si le chant envoûtant affiche très clairement sa couleur d'origine.

 

On sent poindre au loin l'influence de Muddy Waters ou de John Lee Hooker, on entrevoit très distinctement les paysages de champs de coton qui viennent s'interposer au beau milieu des brumes du désert … Roland Tchakounté joue un blues indigène avec une nature africaine et une culture européenne et s'il en arrive encore à se permettre quelques escapades vers le funk et la soul, ce n'est que pour mieux mettre en valeur un art qui en appelle plus aux quatre accords, qu'ils soient électriques ou acoustiques, qu'à une quelconque utilisation excessive de percussions…
Fred Delforge pour zicazic.com (décembre 2005)

Prenez un Camerounais naturalisé français passionné de blues à l'étonnante voix grave légèrement voilée, ajoutez des textes en bamiléké, concoctez une rencontre avec un jeune blond issu du Révérend Blues Gang, mettez une guitare acoustique dans les mains du premier, une métallique à résonateur dans celles du second, sans oublier de lui glisser un bottleneck au doigt. Laissez mijoter. Vous obtiendrez Abango, le nouvel album de Roland Tchakounté, superbement accompagné par Mick Ravassat.

Abango, c'est comme un baume sur les blessures d'une journée difficile, comme une maman qui fredonne une chanson douce pour rassurer son enfant. Pour le calmer. Car oui, c'est calme, très calme, ce CD. Pas moins intense pour autant, mais les énervés du décibel dévastateur, en quête d'acouphènes définitifs qui croient que le feeling n'est présent que lorsque les bouchons d'oreilles sont obligatoires, risquent de ne pas apprécier. Les autres, les sensibles, les mélomanes, les amoureux de belles musiques et d'émotions vraies trouveront dans ces onze titres autant de joyaux, de petits trésors qu'ils chériront avec le sourire de l'homme comblé.

Alors blues, pas blues ? La réponse est tout à fait secondaire. Si vous voulez vraiment savoir, y'en a. Mais pas que. La seule chose qu'on peut vous garantir de trouver partout dans ce disque, c'est la beauté. Beauté de la voix, des guitares, des mélodies, des ambiances, des sentiments…
René Malines pour Virus de Blues (janvier 2006)

Ecouter ce CD c’est comme retrouver les racines africaines du Blues, c’est entendre la voix d’hommes libres avant de devenir esclaves, c’est vous perdre dans des champs de coton à perte de vue et dans lesquels vous respirez les saveurs et les épices de la lointaine Afrique. Pour réaliser ce superbe album chanté en Bamiléké, un dialecte de son pays natal, le Cameroun, Roland Tchakounté a choisi de s’appuyer sur Slideman Mick Ravassat, un incontestable surdoué de la six cordes et dont le toucher au dobro frise le génie. Découvrez son jeu tout en subtilité et en finesse, ainsi que ses superbes envolées, dans Mekou Shem, premier titre de l’album, et dans les dix morceaux suivants qui prolongent chacun à leur manière cette ambiance chaude...
Frankie Bluesy Pfeiffer pour Blues Magazine (N° 39)

Extraits de compte-rendus de concerts Caves Thorel (Caen 14, novembre 2005)…
Une association de deux guitaristes complémentaires qui propose une ballade haute en couleurs en plein cœur de l’Afrique et plus précisément du côté du Cameroun, le pays d’origine de Roland Tchakounté. Roland, sourire aux lèvres en permanence et Mick, regard attentif et omniprésent, peuvent se targuer d’une complicité évidente et d’une connivence affichée.
Roland joue de la guitare acoustique et chante d’une voix enjouée, profonde et poignante ses textes écrits en Bamiléké qui scintillent d’authenticité et s’illuminent de sincérité, pourtant difficile à comprendre pour un européen mais facile à ressentir pour un amateur de notes bleues.
Mick (déjà remarqué au sein du Révérend Blues Gang) s’active sur sa guitare à résonateurs, au bottleneck comme aux doigts, et dispose d’un toucher virtuose, juste, riche et fluide qui embellie le répertoire exprimé. A l’arrivée, un savoureux mélange de Blues aux sonorités africaines qui stimule les sens, remue le cœur et prend aux tripes…
Lucky Jean-Luc pour L’Oreille Bleue


TREMPLIN BLUES SUR SEINE
Prix spécial Cognac Blues Passions : ROLAND TCHAKOUNTE (77 - Seine et Marne)

One Way Café (Puces de St Ouen, janvier 2006)
… Alors ce qui me reste là à chaud, c'est l'extraordinaire talent de Mauro Serri, la spontaneïté de Gérard Tartarini qui fait fait vraiment chaud au coeur, et une découverte, le Duo Roland Tchakounté Mick Ravassat. Alors là les ami(e)s, à conseiller dix mille fois. Côté musique c'est le blues avec ce petit quelque chose d'africain dans la façon de jouer, côté voix le Roland il vous fait dresser les poils sur les bras. Il a pas la voix cassée genre j'ai 10 ans d'alcool et de tabac qui vous fait tituber l'humeur entre le caniveau et la douleur, non juste cet éraillement classieux et étoilé qui vous rappelle que tout n'est pas drôle mais qu'il y a tout de même de la lumière quelque part. Et le Mick Ravassat donc, alors là une démonstration de guitare, encore un qu'a oublié d'être manchot sur un manche. Non qu'il batte des records de vitesse, ce n'est pas le genre du monsieur, mais question feeling l'animal a du jouer des coudes le jour de la distribution, parce que la vache il s'en ait mis plein les poches. Avis aux amateurs et aux programmateurs, Tchakounté & Ravassat c'est du tout bon.
Philippe pour sister-blues.com

Roland Tchakounté " Bred Bouh Shuga Blues"
1999. cd autoproduction.
Surprise en écoutant ce cd. La grande originalité de Roland Tchakounté c'est qu'il chante en Bamiléké, dialecte camerounais, pays de ses origines.
Il possède un très beau timbre vocal, voix graissouillante à souhait et explore plusieurs styles de blues, R & B, Soul, jazzy, voir ballades rock. Accompagnés de musiciens d'un très bon niveau... le cd est superbement enregistré, voir étonnant pour un autoproduit...
Christian Le Morvan (extrait de la chronique parue dans la revue Blues Magazine)
 


Il n'y a pas si longtemps, la polémique faisait rage chez les bluesophiles hexagonaux: fallait-il chanter le blues en français ou en anglais? Roland Tchakounté met tout le monde d'accord: il chante le blues en bamiléké, langue du Cameroun, son pays d'origine. Avec parfois, c'est vrai, quelques phrases chantées en anglais. Mais n'allez pas croire qu'il s'agisse de "world blues", hybride entre des influences blues et une musique traditionnelle africaine. Non, Roland Tchakounté chante le blues, celui des 3 accords sur 12 mesures. On trouve cependant quelques titres de styles différents sur cet album, des ballades bluesy, un peu à la façon d'un Van Morrison ou d'un Zucchero, et même quelques incursions dans le rock, qu'il soit "and roll" ou version ballade rockeuse. La voix de Roland, voilée comme celle d'un Taj Mahal, puissante comme celle d'un Omar Dykes, fait autorité au milieu des musiciens chevronnés qui l'accompagnent, parmi lesquels l'excellent guitariste Jimi Drouillard. Ce disque est plein de qualités, même s'il n'est pas exempt des défauts de nombre de premiers disques. Sans doute l'ami Tchakounté a-t-il dû attendre assez longtemps l'occasion d'enregistrer pour jeter sur le plastique tous ces titres de couleurs différentes, comme s'il était avide de faire découvrir tout ce qu'il sait faire en une seule galette. Il en ressort que si l'album dans son ensemble est plutôt plaisant, ce sont les titres les plus blues qui ont ma préférence, non par intégrisme de ma part, mais tout simplement parce que c'est là que son propre plaisir est le plus évident, et donc le plus communicatif. Suffisamment pour donner envie de découvrir cet artiste sur scène en tout cas.
René Malines (extrait de la chronique parue dans la revue Travel in Blues)

... Roland fut assurément l'une des révélations du Tremplin Blues Sur Seine 2000 (on peut entendre son "Adigo for Amerika" sur le cd collector n°3).
A la première écoute (sur disque ou sur scène) c'est sa voix, vrombissante, chaleureuse, voilée, qui vous prend et puis aussi ses mots, chantés en bamiléké (dialecte du Cameroun dont il est originaire), qui vous intriguent... il chante le blues ! teinté de rock, de soul, de jazz, dans des arrangements musicaux riches et variés (gros travail du côté claviers).
Il dit lui-même qu'il a été influencé par John Lee Hooker et par Otis Redding, par Jimi Hendrix et par Bruce Springsteen... mais même si ces références l'ont inspirées dans ses chansons, c'est une nouvelle forme de blues, tout à fait originale qu'il nous propose ici.
Ses chansons parlent de la vie quotidienne, de l'avenir, de ses aspirations, de ses rêves : Adigo for Amerika, Seni Fih, Me Koh blues, etc... ses compositions oscillent entre shuffle, boogie endiablé et ballade-rock, entrecoupées de magnifiques solos de piano, d'orgue et surtout de guitare.
Voilà le décor est planté : à vous de savourer ce nouveau cocktail afro-blues-rock.
Bien qu'ayant enregistré quelques disques au Cameroun, il considère "Bred Bouh Shuga Blues" comme son premier vrai disque, celui qui lui ressemble vraiment...
(extrait de la chronique parue dans la revue Blues & Co)

LE NETBLUES (Montréal) parle de Roland
Dès les premières notes d'Adigo for America il nous intrigue avec son Blues cru et sa voix. Son pays, sa langue, ses influences venus de l'autre continent apportent à cet artiste une originalité particulière. 12 pièces de Blues solides aux rythmes de shuffle, rock et de R&B avec mélodies accrocheuses.
(extrait de la chronique de Réjean Nadon sur le site Le netblues)

Roland Tchakounté au Festival Blues Sur Seine
(novembre 2000. Mantes La Jolie) Le Festival raconté par Jean Guillermo, Président bénévole
(extrait de La Gazette de Greenwood N° 26 Tome 2. décembre 2000) ... 14 finalistes ayant en moyenne été écouté 5 fois à savoir : Backdoor, Bluesy Train, Butt Naked, Cadi Jo, Catfish, Flyin'saucers, Mojo Rising, Roland Malines, Roland Tchakounté, She K Blues, Roland Mokrani, Thierry Hau, Victor & Sophie K, Xavier Pillac.
Le dimanche 12 novembre, après-midi présidée par Jean-Louis MAHJUN. Nous sommes 20 jurés et nous déjeunons ensemble (Jacques PERRIN pour Soul Bag, RENE MALINES pour Travel in Blues, toute l'équipe de Blues Magazine au grand complet, Blues and Co, Planet Harmonica, la chaîne du Blues, Docteur Blues, Bleu Blanc Blues, la Gazette de Greenwood (merci Olivier, Pierrot, Mike et tous les autres) et 3 représentants locaux de la Poste.
Ce sont les FLYIN' SAUCERS qui remportent la palme de ce premier dimanche et seront en conséquence programmés l'année prochaine.
Le dimanche suivant, après-midi présidée par Patrick Verbeke.
C'est XAVIER PILLAC qui remporte l'autre 1er prix.
Grâce à la Fondation de la Poste, nous avons obtenu un prix de 10.000 francs pour récompenser le meilleur groupe s'exprimant en français. C'est Roland MALINES qui l'emporte. Grand moment d'humour et d'émotion !
Personnellement, j'ai eu le coup de foudre aussi pour Roland TCHAKOUNTE et les jeunes belges toniques de BUTT NAKED.
Jean Guillermo

Le Tremplin Blues: tous les groupes
(extrait de La Gazette de Greenwood N° 26 Tome 2. décembre 2000)
Le tremplin Blues du Festival Blues Sur Seine s'est déroulé sur deux journées. Les 14 finalistes (choisis parmi 48 candidats!) se sont donc partagés entre les dimanche 12 et 19 Novembre. Deux après-midi pleins de blues sous toutes ses formes! Si un de ces groupes se produit près de chez vous, n'hésitez pas à y aller, car même si il y a eu des "vainqueurs", on peut dire que tous méritent le label bleu de Greenwood!
Ci-dessous, voici les différents lauréats présentés dans leur ordre de passage, avec une courte présentation extraite de leur dossier de presse..
Roland Tchakounte
Après 2 albums en 1987 et 1988 qui l'ont révélé au Cameroun, son pays d'origine, il s'est converti au blues en écoutant JL Hooker, Taj Mahal, Buddy Guy, BB King, etc, et sort en 1999 un album blues. Il chante en Bamiléké (sa langue maternelle) et en Pidjin, qui est à l'anglais ce que le créole est au français.
Olivier de La Taillade

Le tremplin
(extrait de l'interview de Xavier Pillac par Docteur Blues)
... Docteur Blues : Tu as eu l'air surpris par le vote du Jury de Blues-sur-Seine ? Comment as-tu trouvé l'ambiance ?
Xavier Pillac : Oui, j'ai été très surpris par le vote du jury, car je ne m'attendais pas à gagner, et les autres étaient très bons (surtout Roland Tchakounté et Buttnaked). L'ambiance était vraiment sympa, et on a bien sympathisé avec Roland, Lance et Donna, René Malines et Buttnaked...
Jérôme Travers