ROLAND TCHAKOUNTÉ

NDONI


À mesure que la planète, portée par la globalisation, s’enflammait pour les musiques du monde, nombre d’artistes ont tenté de mettre en lumière les passerelles reliant le blues et l’Afrique. Si ces créateurs ont échoué dans leur immense majorité, le plus souvent parce qu’ils s’évertuaient à établir des cousinages artificiels entre le Premier Continent et sa diaspora américaine, deux artistes font exception à la règle : le grand Taj Mahal, pour avoir su instaurer un échange équitable entre la note bleue et les complaintes du Mali ou de Zanzibar, au lieu de surfer sur des racines communes perdues depuis longtemps ; et Roland Tchakounté, parce qu’il a eu l’intelligence de comprendre que l’héritage commun de l’Afrique et du blues n’était pas sa grammaire, mais son âme.

Depuis une décennie, ce guitariste et chanteur d’origine camerounaise raconte le quotidien troublé de son continent natal avec une poésie farouche, proche de celle qui habitait Charlie Patton, Son House ou Robert Johnson dans le Vieux Sud de la Dépression. Habité par la musique de sa langue natale, le bamiléké, Tchakounté possède le pouvoir de toucher au plus profond ceux qui l’écoutent en appuyant ses narrations musicales sur son expérience personnelle : l’exode rural vécu dans l’arrachement par ce fils de petit paysan des environs de Douala, aîné d’une famille de huit enfants ; les frustrations liées à la découverte de la brutalité du monde urbain dans le ghetto de New Bell ; l’émigration, enfin, dans des conditions évocatrices du sort des boat people.

Comme le note avec justesse l’intéressé : « Ce que je chante dans mes chansons relève de la même histoire que celle des pionniers du blues, déracinés des plantations du Delta et projetés dans la violence du ghetto. » Ce constat l’aura dirigé tout naturellement vers la musique du Mississippi, découverte par l’intermédiaire de John Lee Hooker il y a une décennie. En l’espace de trois albums, Tchakounté s’est forgé depuis un destin de griot africain en proposant un répertoire très personnel qui lui a permis de se produire devant les publics les plus éclectiques, au Chicago Blues Festival comme au Paris Jazz Festival en passant par Montréal et les grandes manifestations consacrées à la world music.

Fort du succès, commercial et critique, de son enregistrement précédent, Roland Tchakounté élargit encore son audience avec ce « Ndoni », véritable roman en douze chapitres où se mêlent riffs bleus et senteurs africaines dans une atmosphère que leur auteur voudrait plus légère. « Je ne suis pas quelqu’un de triste, affirme-t-il. Je suis même un optimiste, mais l’optimisme, ce n’est pas la fuite. C’est au contraire regarder en face la réalité de l’existence, sans se mentir à soi-même et sans mentir aux autres. C’est ce que je m’applique à faire avec ma musique, en sachant que le meilleur moyen de dépasser la souffrance est encore de l’exprimer. »

Cette philosophie de la catharsis, celle-là même qui confère au blues son universalité depuis un siècle, se trouve au cœur de ce nouvel opus ouvert sur le monde : « Mon idée était de créer cette fois un répertoire capable de refléter le sens de la fête propre à l’Afrique, en allant puiser dans l’énergie magique des sonorités venues du blues et du rock. » Cette diversité se ressent dans le contraste entre l’ambiance électrique de Fang Am, la composition qui ouvre les premières mesures de ce road movie, et un Kemen feutré dans lequel on perçoit en filigrane les mélodies peuls qui ont marqué l’enfance de Roland. À mesure que se poursuit ce voyage onirique à travers l’Afrique et le Delta, sont évoqués le sort doux amer du Premier Continent (Farafina et Bouden Ndjabou), et plus généralement les méandres des sentiments universels qui nous animent et nous font vibrer, au-delà de la diversité des cultures humaines. Mais s’il cherche à comprendre les raisons invisibles de la souffrance (Mbak Tchan Yogsou Kidi), de la solitude (Adendja et Lana) ou de la peur (Chuboula), Roland Tchakounté dévoile également une facette inédite de sa personnalité en célébrant la force rédemptrice du sourire (Smile), le pouvoir de la liberté (Me Den Mbwoga) et la puissance de l’espoir (Anetchana).

Ce besoin d’apaisement se fait sans concession, dans la conscience que l’avenir de l’Afrique doit s’écrire au présent, et non se rêver au futur. À cet égard, le titre de cet album est sans ambiguïté. « Ndoni, dans ma langue, signifie ‘maintenant’, explique l’auteur. Pour moi, il ne doit pas s’agir d’une utopie, mais d’une clé de démarrage. À force de remettre sa révolution à demain, l’Afrique s’enfonce. À nous de la réveiller. » En apportant une contribution passionnée à cet objectif, cet album magnifique mérite tout notre respect.

La revue de presse - Extraits des chroniques du CD

Blues Menessen
(Tupelo Productions - Harmonia Mundi - 2010) 
DurÈe 53'11 - 12 Titres


 
C'est en prenant le temps de fignoler sa formation que Roland TchakountÈ en est arrivÈ ‡ obtenir le groupe qui convenait le mieux non seulement ‡ sa musique mais aussi ‡ sa personnalitÈ et c'est en restant fidËle ‡ ceux qui sont autant ses amis que ses musiciens que le chanteur et guitariste franÁais d'origine camerounaise revient avec un nouvel album, le quatriËme tous styles confondus mais aussi et surtout le troisiËme en Èlectro-acoustique. Mick Ravassat ‡ la guitare slide et Mathias Bernheim aux percussions ont donc retrouvÈ le griot pour l'accompagner dans un autre voyage et si Roland reste trËs attachÈ ‡ sa langue maternelle, le BamilÈkÈ, c'est en s'Ècartant encore un peu plus de ses racines blues pourtant trËs profondÈment ancrÈes en lui qu'il nous prÈsente un recueil d'une douzaine de compositions pour lesquelles il a fait appel ‡ nombre de ses amis. Devenu le meilleur porte-parole d'un world-blues ‡ la franÁaise, Roland TchakountÈ qui s'exporte aujourd'hui trËs rÈguliËrement pour aller jouer sur le continent nord-amÈricain mais aussi en Asie, en Afrique et un peu partout en Europe n'en oublie pas pour autant ni ses racines ni ceux qui lui ont permis d'atteindre un tel niveau d'aboutissement en lui accordant leur confiance et c'est une fois encore en France et auprËs de ses proches qu'il a concoctÈ ´ Blues Menessen ª, un album fabuleusement ouvert sur le monde dans son entier ...

C'est paradoxalement son album le plus ÈloignÈ du blues et en mÍme temps son album qui sonne le plus purement blues que nous prÈsente Roland TchakountÈ, cette sensation de douche Ècossaise se voyant encore accentuÈe par des morceaux typiquement apparentÈs au genre et par d'autres beaucoup plus proche du jazz, de la world music ou mÍme carrÈment de la polyphonie ! AccompagnÈ Èpisodiquement de musiciens de jazz comme le batteur Jean-My Truong, le contrebassiste Pascal Sarton o˘ le claviÈriste Leandro Aconcha, l'artiste nous emmËne dans un rÈpertoire plein de classe et de nuances, ponctuant le tout ‡ la demande d'un peu de cuivres servis par Chicka Asamoto (saxophone) et Nicolas Giraud (trompette) ou encore d'harmonica que Christophe Dupeu dÈpose avec un soin tout particulier. De chansons pleines de nostalgie en chansons pleines de vie avec mÍme parfois un lÈger trait d'humour et quelques oeillades vers Lenny Kravitz et Bob Marley sur ´ Soukouss Blues (Nyangsah) ª, le trio pilotÈ par Roland TchakountÈ nous transporte vers de pures merveilles musicales o˘ le BamilÈkÈ est le fil conducteur mais o˘ quelques bribes de FranÁais, d'Anglais et mÍme de Latin surnagent parfois pour encore accentuer les impressions de diversitÈ et de plÈnitude qui se dÈtachent naturellement de l'ouvrage. On saluera les accents purement jazz de ´ Sweet Melody ª, ´ Nju Ne Bala ª ou ´ Yuna ª et ceux purement blues de ´ Yingue ª mais aussi l'ouverture vers les sonoritÈs du dÈsert des ´ A Tchann ª ou ´ Yoh Mama ª et enfin le cachet fabuleusement world de ´ Chunzela ª qui nous pose au beau milieu d'un triangle imaginaire tracÈ entre l'Andalousie, la Corse et le Mali. A la voix pleine de couleur de Roland, ‡ la dualitÈ extrÍmement gracieuse de sa guitare acoustique opposÈe aux Èlectriques de Mick et enfin ‡ la finesse des percussions de Mathias s'ajoutent des arrangements fouillÈs que le trio a pensÈ de maniËre collÈgiale et c'est livrÈ dans un artwork lui aussi trËs soignÈ et accompagnÈ d'un livret trËs complet que ´ Blues Menessen ª trouvera une place de choix dans toute discothËque qui se respecte ... On attend maintenant les concerts avec beaucoup d'impatience !


Fred Delforge pour zicazic.com (mars 2010)



" Ca commence comme un album de John Lee Hooker. Pulsation sourde, atmosphËre lourde et rythmique moite, la prÈsence du vieux bluesman en filigrane. Fan du Healer, Roland TchakountÈ en revendique la filiation dËs le premier morceau.
La surprise vient aprËs lorsque le blues cËde du terrain, s'abandonne un peu et l‚che la bride, en s'ouvrant sur d'autres instruments, d'autres figures de style. FonciËrement acoustique, Tchakounte s'Èloigne alors du delta pour s'abreuver ‡ la mÈlancolie africaine, aux sonoritÈs chaudes du jazz, caresse le piano (Nju ne bala) et trouve l'Èquilibre en s'affranchissant de toute tentative de crossover.
Chaque morceau est franc et massif, se suffit ‡ lui-mÍme, se forge une identitÈ. Pas de "blues du dÈsert" ici, ni de racines africaines, bien que tout cela soit prÈsent, visible et palpable. Pas de morceau "‡ la faÁon de" mais un paysage variÈ et original qui passe d'un thËme ‡ l'autre sans avoir ‡ se perdre en cours de route. L' Afrique est toujours prÈsente avec ce chant en pidgin et le blues est bien l‡ dans ces morceaux de bonne et de mauvaise fortune, mais se pare d'ici et d'ailleurs qui en font une musique plus changeante qu'‡ l'ordinaire. C'est John Lee Hooker qui doit faire boom boom de plaisir.
StÈphane Andrieu



Que de chemin parcouru depuis « Aba Ngo », le précédent opus que Roland Tchakounté avait autoproduit en 2005 ! Sur les routes du monde bien évidemment puisqu’en tandem, en trio ou en groupe, le plus francilien des Camerounais est parti prêcher la bonne parole de son world blues de Chicago à Memphis, de Cognac à Mantes la Jolie et de Montréal jusqu’en Belgique, y faisant à chaque fois l’unanimité … Mais aussi musicalement puisque d’un effort en duo acoustique où seules la voix et les guitares se mêlaient, Roland Tchakounté passe à une formule où la guitare de Mick Ravassat s’électrifie et se double occasionnellement d’une basse et associe non seulement les percussions de Mathias Bernheim devenues indispensables à quiconque a découvert l’artiste en live mais aussi de façon plus impromptue les claviers de Christian Rousset. A sa voix si caractéristique et à son jeu de guitare acoustique particulièrement sensuel, Roland Tchakounté ajoute quelques notes tirées d’un harmonica sorti presque par hasard de sa poche et décline sa musique dans une direction de plus en plus élargie, les racines restant plus que jamais blues mais les sonorités s’en allant dans une voie où rien n’est interdit, que le résultat se teinte par moment de funk, de folk ou encore d’une petite touche de pop !
C’est un album surprenant et fabuleusement mature que Roland Tchakounté nous propose avec « Waka », un ouvrage pour lequel il a choisi de ne pas jouer la simplicité en se répétant mais au contraire de se renouveler et surtout d’évoluer, au risque de choquer quelque peu un parterre de fans sans cesse grandissant mais en sachant au fond de lui-même que la démarche serait comprise tellement elle est sincère. Des errances de ses trois dernières années, le chanteur a appris énormément et c’est avec beaucoup d’humilité qu’il met en pratique tout ce que ses rencontres ont pu lui apporter, ouvrant son cœur encore un peu plus grand et persévérant encore et toujours à chanter dans son dialecte maternel, le Bamiléké, que très peu de gens peuvent comprendre sur le papier mais que chacun ressent à sa manière au fond de soi, et laissant même un court moment entrer le Français dans une nouvelle composition, « Bintou », qui perturbera peut-être un peu les vieux aficionados trop puristes mais qui ne manquera en aucune façon de lui ouvrir les portes des radios et pourquoi pas des télés francophones. Toujours aussi habile en slide, Mick Ravassat fait pleurer ses cordes et conforte admirablement le caractère bouleversant de nombre de morceaux, revenant à un jeu plus conventionnel sur d’autres qu’il ponctue à chaque instant des traîts de génie qui lui sont caractéristiques. Au rang des nouveaux hymnes, on notera bien entendu les « Ka Tchog Bouam », « Zuiktam », « Alela » et autres « Ngwade Kebwo » que l’artiste se fera un plaisir de commenter lors de ses concerts mais aussi des morceaux aux titres plus parlants comme « Politik », « Africa » ou encore « X O Blues » qui n’est bien entendu pas sans faire allusion aux prestations cognaçaises d’une formation qui est revenue des rives de la Charente avec en poche le Prix Cognac Passions 2007 … Parvenu à trouver la formule magique qui convient au plus juste à sa musique, Roland Tchakounté mélange avec un talent hors du commun le noir et le blanc, le blues et la world, l’Afrique et l’Amérique mais aussi l’Europe et en arrive à nous offrir un album mi-griot mi-bluesman qui ne manquera pas de faire date dans l’histoire moderne des douze mesures ! A découvrir dans les bacs dès le 28 février en en live le soir même au New Morning …
Fred Delforge pour zicazic.com (Janvier 2008)



Roland Tchakounté - Waka
Lors d’une précédente chronique (compte rendu de concert au One Way de Roland Tchakounté), je terminais en reprenant les termes employés par Guy l’Américain à propos de ce concert : “Merci, les gars, pour le voyage”. Le mot était juste. Nous venions de passer plus de deux heures dans un total dépaysement musical.
Du blues, messieurs dames, dans la recherche des racines comme ce qu’ont réalisé quelques grands noms américains (Ry Cooder, Taj Mahal, …) ou africains que l’on a toujours du mal dans le petit monde bleu à associer aux 12 mesures (Ali Farka Touré au Mali, Tao Ravao à Madagascar, Tinariwen ou Toumast pour les touaregs,…) De la musique qui met du vague à l’âme, qui dépayse, qui donne envie de partir au soleil (surtout ces temps-ci), de retrouver de l’authenticité, des couleurs, des individus dans leur culture… Sortie officielle au New Morning à Paris, le 28 février 2008.
Waka, le troisième opus de Roland convient totalement à cette définition élargie de la musique bleue. D’autant que Waka se traduit par voyage en bamileke, la langue employée sur la majorité des titres par Roland Tchakounté. Et quand on entend voyage il ne s’agit pas simplement de déplacement consumériste, mais bien de rencontre, connaissance, relation, apport et échange. L’album de Roland est une invite permanente à ce dépassement de soi pour s’ouvrir aux autres, au partage et à la fraternité tellement la chaleur communicative du chanteur guitariste est perceptible dans ses compositions.
Dès le premier titre Ka Tchog Bouam, les ingrédients sont déterminés : les percussions de Mathias Bernheim, la guitare électrique et sur ce titre la dobro de Mick Ravassat, la guitare acoustique et la voix de Roland Tchakounté vont nous porter tout au long de ce voyage, accompagnés sur certains titres par les claviers de Christian Rousset.
Déjà défile une incitation au déhanchement : Bintou (ce n’est qu’à la troisième écoute, subjugué par la guitare digne d’un ishumar du désert, que je m’aperçois que Roland chante en français sur le refrain! ). Vient Yogsam Ba Nguk (ceux qui me diront que la rythmique n’est pas bleue…) où une question commence à me titiller : où s’est caché J.J. Cale pendant l’enregistrement? Suit un Politik au rythme lancinant et Zuiktam pendant lequel se poursuit notre lente marche syncopée. Arrive Alela ( tiens, y avait aussi Al di Méola? ) Suivent Me Den Nwina et Ngwade Kebwo puis Take Your time avec une grande présence de Christian Rousset aux claviers….
… Oh pardon, je me suis éloigné quelques minutes, emporté par la transe sur Africa, un des sommets de l’album s’il faut en retenir un. Le tricotage de Mick à la guitare avec en contrepoint l’orgue de Christian permettent à Roland de monter progressivement sur les rythmes lancinants de Mathias. Que du bonheur !
X O Blues calme un tant soit peu le jeu. L’album se termine par Njuli et Me Seyn, deux morceaux très laid back où une fois de plus on se demande où se cachait J.J.Cale.
La voix de Roland plus en retrait sur ce CD (un choix de mixage ?) que sur “Ana Ngo”, son précédent album laisse plus de place au jeu sans cesse renouvelé et délié de Mick qui n’usurpe pas les comparaisons avec quelques grands guitaristes évoqués plus haut.
L’ensemble roule, vous amène en pleine lumière, vous imprègne d’une chaleur qui vous incite à ne pas trop en faire, mais souffre d’un gros défaut : il ne fait qu’une heure et pas un titre n’excède les 5 minutes et demi, l’auditeur ayant à peine le temps sur chaque titre de s’imprégner de perceptions que déjà il est entraîné ailleurs !
Waka sera présenté pour sa sortie officielle lors d’un concert au New Morning, (7/9 rue des petites écuries, 75010 Paris métro: Château d’eau) le 28 Février.
Alors si vous avez besoin de vous ressourcer, de retrouver quelques valeurs humaines évoquées plus haut, vous ne manquerez pas une telle rencontre car quel que soit le temps extérieur, il y aura du soleil et de la joie ce soir-là au New Morning
Serge Sabatié - Docteur Blues



Bien décidé à faire évoluer non seulement son style mais aussi le blues au sens large du terme, Roland Tchakounté se lance dans un ouvrage ambitieux et conquérant qu'il nomme très justement " AbaNgo", un titre que l'on pourrait traduire par "En avant" ou encore "A l'attaque". On est bien tenté de faire des rapprochements avec les grands artistes Africains, les Youssou'N Dour, Amar Sundy, Corey Harris ou Boubakar Traoré mais, à bien y réfléchir, la musique du Parisien s'en éloigne quelque peu par une utilisation permanente du contre-pied et par un jeu très occidental dans l'esprit même si le chant envoûtant affiche très clairement sa couleur d'origine.

On sent poindre au loin l'influence de Muddy Waters ou de John Lee Hooker, on entrevoit très distinctement les paysages de champs de coton qui viennent s'interposer au beau milieu des brumes du désert . Roland Tchakounté joue un blues indigène avec une nature africaine et une culture européenne et s'il en arrive encore à se permettre quelques escapades vers le funk et la soul, ce n'est que pour mieux mettre en valeur un art qui en appelle plus aux quatre accords, qu'ils soient électriques ou acoustiques, qu'à une quelconque utilisation excessive de percussions.
Fred Delforge pour zicazic.com (décembre 2005)



Prenez un Camerounais naturalisé français passionné de blues à l'étonnante voix grave légèrement voilée, ajoutez des textes en bamiléké, concoctez une rencontre avec un jeune blond issu du Révérend Blues Gang, mettez une guitare acoustique dans les mains du premier, une métallique à résonateur dans celles du second, sans oublier de lui glisser un bottleneck au doigt. Laissez mijoter. Vous obtiendrez Abango, le nouvel album de Roland Tchakounté, superbement accompagné par Mick Ravassat.

Abango, c'est comme un baume sur les blessures d'une journée difficile, comme une maman qui fredonne une chanson douce pour rassurer son enfant. Pour le calmer. Car oui, c'est calme, très calme, ce CD. Pas moins intense pour autant, mais les énervés du décibel dévastateur, en quête d'acouphènes définitifs qui croient que le feeling n'est présent que lorsque les bouchons d'oreilles sont obligatoires, risquent de ne pas apprécier. Les autres, les sensibles, les mélomanes, les amoureux de belles musiques et d'émotions vraies trouveront dans ces onze titres autant de joyaux, de petits trésors qu'ils chériront avec le sourire de l'homme comblé.

Alors blues, pas blues ? La réponse est tout à fait secondaire. Si vous voulez vraiment savoir, y'en a. Mais pas que. La seule chose qu'on peut vous garantir de trouver partout dans ce disque, c'est la beauté. Beauté de la voix, des guitares, des mélodies, des ambiances, des sentiments.
René Malines pour Virus de Blues (janvier 2006)



Ecouter ce CD c'est comme retrouver les racines africaines du Blues, c'est entendre la voix d'hommes libres avant de devenir esclaves, c'est vous perdre dans des champs de coton à perte de vue et dans lesquels vous respirez les saveurs et les épices de la lointaine Afrique. Pour réaliser ce superbe album chanté en Bamiléké, un dialecte de son pays natal, le Cameroun, Roland Tchakounté a choisi de s'appuyer sur Slideman Mick Ravassat, un incontestable surdoué de la six cordes et dont le toucher au dobro frise le génie. Découvrez son jeu tout en subtilité et en finesse, ainsi que ses superbes envolées, dans Mekou Shem, premier titre de l'album, et dans les dix morceaux suivants qui prolongent chacun à leur manière cette ambiance chaude...
Frankie Bluesy Pfeiffer pour Blues Magazine (N° 39)



Extraits de compte-rendus de concerts Caves Thorel (Caen 14, novembre 2005).
Une association de deux guitaristes complémentaires qui propose une ballade haute en couleurs en plein coeur de l'Afrique et plus précisément du côté du Cameroun, le pays d'origine de Roland Tchakounté. Roland, sourire aux lèvres en permanence et Mick, regard attentif et omniprésent, peuvent se targuer d'une complicité évidente et d'une connivence affichée.
Roland joue de la guitare acoustique et chante d'une voix enjouée, profonde et poignante ses textes écrits en Bamiléké qui scintillent d'authenticité et s'illuminent de sincérité, pourtant difficile à comprendre pour un européen mais facile à ressentir pour un amateur de notes bleues.
Mick (déjà remarqué au sein du Révérend Blues Gang) s'active sur sa guitare à résonateurs, au bottleneck comme aux doigts, et dispose d'un toucher virtuose, juste, riche et fluide qui embellie le répertoire exprimé. A l'arrivée, un savoureux mélange de Blues aux sonorités africaines qui stimule les sens, remue le coeur et prend aux tripes.
Lucky Jean-Luc pour L'Oreille Bleue



TREMPLIN BLUES SUR SEINE
Prix spécial Cognac Blues Passions : ROLAND TCHAKOUNTE (77 - Seine et Marne)
One Way Café (Puces de St Ouen, janvier 2006)
. Alors ce qui me reste là à chaud, c'est l'extraordinaire talent de Mauro Serri, la spontaneïté de Gérard Tartarini qui fait fait vraiment chaud au coeur, et une découverte, le Duo Roland Tchakounté Mick Ravassat. Alors là les ami(e)s, à conseiller dix mille fois. Côté musique c'est le blues avec ce petit quelque chose d'africain dans la façon de jouer, côté voix le Roland il vous fait dresser les poils sur les bras. Il a pas la voix cassée genre j'ai 10 ans d'alcool et de tabac qui vous fait tituber l'humeur entre le caniveau et la douleur, non juste cet éraillement classieux et étoilé qui vous rappelle que tout n'est pas drôle mais qu'il y a tout de même de la lumière quelque part. Et le Mick Ravassat donc, alors là une démonstration de guitare, encore un qu'a oublié d'être manchot sur un manche. Non qu'il batte des records de vitesse, ce n'est pas le genre du monsieur, mais question feeling l'animal a du jouer des coudes le jour de la distribution, parce que la vache il s'en ait mis plein les poches. Avis aux amateurs et aux programmateurs, Tchakounté & Ravassat c'est du tout bon.
Philippe pour sister-blues.com



Roland Tchakounté " Bred Bouh Shuga Blues"
1999. cd autoproduction.
Surprise en écoutant ce cd. La grande originalité de Roland Tchakounté c'est qu'il chante en Bamiléké, dialecte camerounais, pays de ses origines.
Il possède un très beau timbre vocal, voix graissouillante à souhait et explore plusieurs styles de blues, R & B, Soul, jazzy, voir ballades rock. Accompagnés de musiciens d'un très bon niveau... le cd est superbement enregistré, voir étonnant pour un autoproduit...
Christian Le Morvan (extrait de la chronique parue dans la revue Blues Magazine)



Il n'y a pas si longtemps, la polémique faisait rage chez les bluesophiles hexagonaux: fallait-il chanter le blues en français ou en anglais? Roland Tchakounté met tout le monde d'accord: il chante le blues en bamiléké, langue du Cameroun, son pays d'origine. Avec parfois, c'est vrai, quelques phrases chantées en anglais. Mais n'allez pas croire qu'il s'agisse de "world blues", hybride entre des influences blues et une musique traditionnelle africaine. Non, Roland Tchakounté chante le blues, celui des 3 accords sur 12 mesures. On trouve cependant quelques titres de styles différents sur cet album, des ballades bluesy, un peu à la façon d'un Van Morrison ou d'un Zucchero, et même quelques incursions dans le rock, qu'il soit "and roll" ou version ballade rockeuse. La voix de Roland, voilée comme celle d'un Taj Mahal, puissante comme celle d'un Omar Dykes, fait autorité au milieu des musiciens chevronnés qui l'accompagnent, parmi lesquels l'excellent guitariste Jimi Drouillard. Ce disque est plein de qualités, même s'il n'est pas exempt des défauts de nombre de premiers disques. Sans doute l'ami Tchakounté a-t-il dû attendre assez longtemps l'occasion d'enregistrer pour jeter sur le plastique tous ces titres de couleurs différentes, comme s'il était avide de faire découvrir tout ce qu'il sait faire en une seule galette. Il en ressort que si l'album dans son ensemble est plutôt plaisant, ce sont les titres les plus blues qui ont ma préférence, non par intégrisme de ma part, mais tout simplement parce que c'est là que son propre plaisir est le plus évident, et donc le plus communicatif. Suffisamment pour donner envie de découvrir cet artiste sur scène en tout cas.
René Malines (extrait de la chronique parue dans la revue Travel in Blues)

... Roland fut assurément l'une des révélations du Tremplin Blues Sur Seine 2000 (on peut entendre son "Adigo for Amerika" sur le cd collector n°3).
A la première écoute (sur disque ou sur scène) c'est sa voix, vrombissante, chaleureuse, voilée, qui vous prend et puis aussi ses mots, chantés en bamiléké (dialecte du Cameroun dont il est originaire), qui vous intriguent... il chante le blues ! teinté de rock, de soul, de jazz, dans des arrangements musicaux riches et variés (gros travail du côté claviers).
Il dit lui-même qu'il a été influencé par John Lee Hooker et par Otis Redding, par Jimi Hendrix et par Bruce Springsteen... mais même si ces références l'ont inspirées dans ses chansons, c'est une nouvelle forme de blues, tout à fait originale qu'il nous propose ici.
Ses chansons parlent de la vie quotidienne, de l'avenir, de ses aspirations, de ses rêves : Adigo for Amerika, Seni Fih, Me Koh blues, etc... ses compositions oscillent entre shuffle, boogie endiablé et ballade-rock, entrecoupées de magnifiques solos de piano, d'orgue et surtout de guitare.
Voilà le décor est planté : à vous de savourer ce nouveau cocktail afro-blues-rock.
Bien qu'ayant enregistré quelques disques au Cameroun, il considère "Bred Bouh Shuga Blues" comme son premier vrai disque, celui qui lui ressemble vraiment...
(extrait de la chronique parue dans la revue Blues & Co)



LE NETBLUES (Montréal) parle de Roland
Dès les premières notes d'Adigo for America il nous intrigue avec son Blues cru et sa voix. Son pays, sa langue, ses influences venus de l'autre continent apportent à cet artiste une originalité particulière. 12 pièces de Blues solides aux rythmes de shuffle, rock et de R&B avec mélodies accrocheuses.
(extrait de la chronique de Réjean Nadon sur le site Le netblues)



Roland Tchakounté au Festival Blues Sur Seine
(novembre 2000. Mantes La Jolie) Le Festival raconté par Jean Guillermo, Président bénévole
(extrait de La Gazette de Greenwood N° 26 Tome 2. décembre 2000) ... 14 finalistes ayant en moyenne été écouté 5 fois à savoir : Backdoor, Bluesy Train, Butt Naked, Cadi Jo, Catfish, Flyin'saucers, Mojo Rising, Roland Malines, Roland Tchakounté, She K Blues, Roland Mokrani, Thierry Hau, Victor & Sophie K, Xavier Pillac.
Le dimanche 12 novembre, après-midi présidée par Jean-Louis MAHJUN. Nous sommes 20 jurés et nous déjeunons ensemble (Jacques PERRIN pour Soul Bag, RENE MALINES pour Travel in Blues, toute l'équipe de Blues Magazine au grand complet, Blues and Co, Planet Harmonica, la chaîne du Blues, Docteur Blues, Bleu Blanc Blues, la Gazette de Greenwood (merci Olivier, Pierrot, Mike et tous les autres) et 3 représentants locaux de la Poste.
Ce sont les FLYIN' SAUCERS qui remportent la palme de ce premier dimanche et seront en conséquence programmés l'année prochaine.
Le dimanche suivant, après-midi présidée par Patrick Verbeke.
C'est XAVIER PILLAC qui remporte l'autre 1er prix.
Grâce à la Fondation de la Poste, nous avons obtenu un prix de 10.000 francs pour récompenser le meilleur groupe s'exprimant en français. C'est Roland MALINES qui l'emporte. Grand moment d'humour et d'émotion !
Personnellement, j'ai eu le coup de foudre aussi pour Roland TCHAKOUNTE et les jeunes belges toniques de BUTT NAKED.
Jean Guillermo



Le Tremplin Blues: tous les groupes
(extrait de La Gazette de Greenwood N° 26 Tome 2. décembre 2000)
Le tremplin Blues du Festival Blues Sur Seine s'est déroulé sur deux journées. Les 14 finalistes (choisis parmi 48 candidats!) se sont donc partagés entre les dimanche 12 et 19 Novembre. Deux après-midi pleins de blues sous toutes ses formes! Si un de ces groupes se produit près de chez vous, n'hésitez pas à y aller, car même si il y a eu des "vainqueurs", on peut dire que tous méritent le label bleu de Greenwood!
Ci-dessous, voici les différents lauréats présentés dans leur ordre de passage, avec une courte présentation extraite de leur dossier de presse..
Roland Tchakounte
Après 2 albums en 1987 et 1988 qui l'ont révélé au Cameroun, son pays d'origine, il s'est converti au blues en écoutant JL Hooker, Taj Mahal, Buddy Guy, BB King, etc, et sort en 1999 un album blues. Il chante en Bamiléké (sa langue maternelle) et en Pidjin, qui est à l'anglais ce que le créole est au français.
Olivier de La Taillade



Le tremplin
(extrait de l'interview de Xavier Pillac par Docteur Blues)
... Docteur Blues : Tu as eu l'air surpris par le vote du Jury de Blues-sur-Seine ? Comment as-tu trouvé l'ambiance ?
Xavier Pillac : Oui, j'ai été très surpris par le vote du jury, car je ne m'attendais pas à gagner, et les autres étaient très bons (surtout Roland Tchakounté et Buttnaked). L'ambiance était vraiment sympa, et on a bien sympathisé avec Roland, Lance et Donna, René Malines et Buttnaked...
Jérôme Travers
PHOTOS : Francis TAKA TAKA - GRAPHISME (Album) : DOROTHÉE LEROUX - WEBMASTER : VINCE GELINET